
USAGES ET SUPERSTITIONS DANS LES VOSGES
(D'après un article paru en 1866)
Quelqu'un vient-il à mourir à Saulxures, à Rochesson, à Raon-aux-Bois et dans quelques autres communes voisines, on s 'empresse de changer le lit du mort, et l'on emporte la paille sur un grand chemin pour y être brûlée. On remarque avec la plus vive anxiété de quel côté va la fumée de ce feu ; celui vers lequel elle se dirige doit mourir le premier. Dans quelques villages de l'arrondissement de Remiremont, lorsqu'un enfant meurt, on invite ses petits camarades à le veiller et, à minuit, on leur sert un riz au lait. Un malade n'y meurt qu'avec un cierge allumé qu'on lui a mis dans la main ; on lui ferme ensuite la bouche et les yeux ; sans cette précaution, quelqu'un des assistants ou de ses parents ne tarderait pas à le suivre.
Une femme enceinte qui servirait de marraine, en certains endroits, mourrait dans l'année et son filleul également. Un chien perdu qui aboie près d'une maison présage la mort d'une des personnes qui l'habitent. Il en est de même des cris d'une chouette sur une maison. On interprète différemment, selon les lieux, le bruit que font les meubles en se disjoignant. Ici ce bruit annonce qu'une âme en souffrance dans le purgatoire demande une prière ; là, il présage la mort prochaine d'une personne de la maison. Il est du plus fâcheux augure, dans une foule de localités, que la cloche de l'horloge vienne à sonner pendant l'élévation. On croit qu'il y aura bientôt un mort dans le village. Dans un grand nombre on dit encore, lorsque la Noël tombe le vendredi, que le cimetière en aura sa part ; ce qui signifie que l'autorisation de faire gras un tel jour doit amener une grande mortalité pendant l'année.
Quand un chef de famille décède, on est dans l'usage, dans presque toute la contrée, de suspendre aux ruches une étoffe noire ; les abeilles, sans cela, partiraient dans les neuf jours. Dans quelques endroits, on leur met aussi un morceau d'étoffe de couleur, un jour de mariage, pour leur faire partager la joie.
Une jeune fille désire-t-elle connaître l'époux qui lui est destiné ? Il faut qu'une de ses amies glisse, tout à fait à son insu, dans son sac à ouvrage et le jour de la Saint André, une pomme de l'année. La jeune fille la doit manger en se couchant et en ayant soin de dire avant de dormir : « Saint André, faites-moi voir celui qui m'est réservé ! » et le jeune homme lui apparaît dans un songe. La jeune fille qui se marie avant ses soeurs aînées, leur doit donner à chacune une chèvre et un mouton le jour de son mariage ; déroger à cette coutume serait s'attirer de grands malheurs. Celle qui envoie un chat à son amant, lui donne congé.
Quand un mariage a lieu, celui des deux époux qui, après avoir reçu la bénédiction nuptiale, se lèvera le premier, sera le maître dans la maison. Il est rare que la mariée se laisse prévenir. La jeune fille qui a mis la première épingle à la fiancée doit elle-même se marier dans l'année ; il n'en est pas ainsi de celle qui marche sur la queue d'un chat. L'épingle que les jeunes filles jettent dans une fontaine, située près de Sainte-Sabine, lieu de pèlerinage, dans les forêts de Saint-Étienne, arrondissement de Remiremont, leur annonce, si elle surnage, un mariage prochain.
Bien des personnes pensent que si elles ont de l'argent sur elles la première fois qu'elles entendent, au printemps, le chant du coucou, elles ne manqueront pas d'en avoir toute l'année. Une étoile qui file annonce qu'une âme entre dans le purgatoire ou qu'elle vient d'en être délivrée : dans ce doute, on lui doit une prière. Rencontrer, au départ, deux brins de paille ou deux morceaux de bois placés par hasard en croix, est d'un très mauvais augure. Cela suffit quelquefois pour faire suspendre un voyage à bien des gens. Deux couteaux mis de la sorte sur la table, par la maladresse d'une domestique, ne sont pas vus d'un meilleur oeil.
Une poule qui imite le chant du coq, annonce la mort du maître ou de la maîtresse : aussi l'on ne fait faute de la tuer et de la manger, comme unique moyen de prévenir le malheur qu'elle présage. Homme ou femme qui veut avoir sept jours de suite de beauté, doit manger du lièvre. La bûche que l'on a mise à l'âtre la veille de la Noël est retirée soigneusement du feu avant qu'elle soit entièrement consumée. On l'éteint avec de l'eau bénite, et on la conserve toute l'année comme préservatif contre le tonnerre. Ceux qui se lèvent de bonne heure le jour de la Trinité, peuvent, s'ils sont en état de grâce, voir lever trois soleils. Des malheurs inévitables sont attachés aux voyages entrepris ce jour-là.
L'hirondelle est regardée comme portant bonheur à la maison où elle a construit son nid. Aussi l'on a soin de laisser ouvertes nuit et jour les fenêtres des chambres où elle a établi sa demeure. On croit aussi que la bénédiction du ciel descend sur les foyers où le grillon fait entendre son chant. Il est accrédité, dans quelques endroits, que le soir, dans l'été, on entend parfois, dans les airs, une troupe de musiciens qu'il est fort dangereux de rencontrer. On l'appelle Mouhiheuken ; il faut, pour ne pas en être mis en morceaux, se coucher le ventre contre terre.
Il y avait, dit-on, autrefois dans l'église de Remiremont les statues de trois saints, nommés saint Vivra, saint Languit, saint Mort. Lorsque quelqu'un était malade, on faisait brûler un cierge devant chacune d'elles. Le dernier qui s'éteignait annonçait si le malade guérirait, languirait longtemps ou mourrait. Ces statues n'existent plus aujourd'hui. La croyance aux follets, aux esprits se reproduisant la nuit sous la forme humaine, aux loups-garous, est encore généralement répandue dans la campagne. Quant aux sorciers, on en admet de deux espèces, de bons et de mauvais, qui donnent des maléfices ou qui en délivrent. Une lutte s'établit entre eux pour cela ; le plus savant est celui qui triomphe de l'autre. Il est encore plusieurs villages où l'on parle d'un chasseur mystérieux qui, depuis des milliers d'années, parcourt avec une nombreuse meute les vastes forêts de la contrée. Cette chasse se renouvelle à diverses époques de l'année et dure plusieurs nuits de suite. Malheur à l'homme qu'il rencontre sur son passage ! Bien des voyageurs égarés ont été, dit-on, la proie de ses chiens affamés.
On croit encore, en certains endroits, au pouvoir des fées, et plusieurs localités ont conservé des noms qui attestent combien elles y étaient en vénération. Dans la commune de Bresse est une ferme dite des Fées. Sur la montagne d'Ormont se trouve le porche des Fées. Un hameau de la commune d'Uriménil est nommé Puits des Fées. Le pont des Fées, situé près de Remiremont, est une vaste construction en pierres sèches, que le peuple attribue à ces divinités du Moyen Age.
Conte Breton
Peut-être avez vous déjà entendu des bruits sourds, près des ruisseaux, la nuit. Comme des coups de battoir sur le linge. Alors, passez votre chemin bonnes gens, et ne cherchez pas à savoir d'où vient ce bruit : se sont les lavandières de nuit.
Guillo, c'est le bon à rien du village, paresseux du soir au matin. Il ne sait que boire, boire et chanter après avoir bu. Tout le monde le connaît à Tréhorenteuc. Ce soir là, Guillo a le vent en poupe. Il a passé toute la soirée au café du village et le voilà qui rentre chez lui, sous la pleine lune, en chantant à tue-tête. La nuit est trop douce pour prendre le raccourci par les prés, aussi prend-il la route qui monte vers Trébottu.
 Lorsqu'il arrive au petit pont sur le Rauco -le ruisseau qui descend le Val sans Retour- Guillo entend des bruits sourds, des battements, à sa gauche, près du moulin en ruine. Intrigué, il quitte la route et longe le ruisseau pendant un bon moment. Il se heurte sur les souches, il trébuche sur les pierres, et il patauge dans la boue. C'est là qu'il aperçoit deux femmes, vêtues de blanc, à genoux au bord du ruisseau. Elles lavent un grand drap et le frappent de leur battoir. Guillo, malgré l'ivresse, n'en croit pas ses yeux : est-ce une heure pour laver du linge en pleine forêt ? Peu importe, il fait demi-tour, mais alors qu'il repart, le voilà qui trébuche sur une grosse pierre et tombe dans le ruisseau. Les deux lavandières sursautent et se tournent vers lui.
Mon Dieu, quels visages ! La lumière blafarde de la lune éclaire ces visages sans vie, aux traits durs et profonds ; leurs yeux sont noirs et vides. Guillo, térrifié, bondit hors de l'eau, mais il n'a pas le temps de fuir que l'une des femme lui crie : _ Approche ! Viens nous aider. L'homme, comme pétrifié, s'approche des lavandières en titubant. Impossible de fuir, la voix l'attire comme une guêpe sur une tartine de miel. Les femmes lui tendent alors le drap qu'elles ont lavé et qui ruisselle d'eau. _ Eh bien ! dit l'une d'elles, qu'attends-tu ? Aide nous à tordre ce drap. Sans réfléchir, embrumé par les vapeurs d'alcool, Guillo saisit l'extrémité du drap. A l'autre bout, les lavandières tordent le linge, mais lui ne bouge pas. Avec peine, il parvient quand même à dire : _ Mais qui êtes-vous ? Et pourquoi lavez-vous ce drap en pleine nuit ? _ Nous lavons le linceul d'un homme qui doit mourir cette nuit. Si nous ne le faisons pas, le pauvre n'aura même pas un linceul pour son dernier voyage. Sur le coup, Guillo prend ça pour une plaisanterie et le voilà qui éclate de rire. Il est maintenant de tellement bonne humeur, qu'il se met à tordre le drap de son côté. Et il tord le drap en le tournant de gauche à droite. _ Malheur ! s'écria l'une des femmes. Il a tordu le drap dans le sens maléfique ! _ Malheur ! Malheur ! répéta l'autre.
Ces cris résonnent dans les arbres, réveillant tous les animaux de la forêt. Quand Guillo s'est un peu remis de sa frayeur, les lavandières ont disparu. Il s'imagine avoir rêvé, surtout avec tout ce qu'il a bu. Mais c'est alors qu'il sent l'humidité du drap qu'il porte encore sur son bras. Tout à fait dégrisé, Guillo n'a plus qu'une pensée : courir jusqu'à chez lui, sans se retourner. Mais il n'a pas le temps de faire trois pas qu'il entend un énorme grincement. C'est le grincement des roues d'une charrette qui n'ont pas été graissées depuis des années. Incapable de faire le moindre geste, Guillo attend, l'oreille tendue. Mais d'où vient cette charrette ? Il n'y a pas de chemin forestier par ici. Cependant l'attelage s'approche, et en plus du grincement des roues, il peut maintenant entendre le claquement de sabots sur le sol, et les branches qui se brisent sur le passage du cheval et de la carriole.
La charrette vient s'arrêter au bord de l'eau. Le cheval se penche pour se désaltérer. C'est alors qu'un personnage vêtu de noir s'approche de Guillo, un fouet à la main : _ Holà, l'homme ! crie-t-il. Je cherche un nommé Guillo, est-ce que tu l'aurais vu par hasard ? Guillo ne répond pas. Ses dents claquent, ses mains tremblent, il a l'impression que sa tête va exploser. Le mystérieux personnage tourne autour de lui et dit d'une voix rauque : _ Mais je ne me trompe pas ! Tu portes ton linceul sur le bras. C'est donc toi Guillo ! Guillo de Tréhoranteuc.
C'est alors que la lune éclaire le visage de cet étrange personnage. Guillo, avec une indicible horreur, voit ce visage et le reconnait : c'est l'Ankou, le Serviteur de la Mort. Alors, ne pouvant supporter cette vision, Guillo tombe à genoux sur le sol.
On raconte qu'à ce moment il y eut un ricannement qui se prolongea dans les arbres et sur la lande. Puis un grand bruit de branches brisées. On raconte que le cheval hennit trois fois et que la charrette s'évanouit dans la nuit. On raconte que personne n'a revu Guillo, Guillo de Tréhoranteuc, depuis cette nuit-là.
D'après les Contes populaires de toutes les Bretagne de J. Markale. Ed. Ouest-France
Le Sorcier du Saguenay
Dans la région du Saguenay les paysages sont grandioses : la rivière coule dans des fjords et côtoie d’énormes caps couverts de forêts. Cette rivière a inspiré bien des récits et parfois, le réel s’y mêle à la légende.
Cette histoire a été imaginé par Maxine, une femme écrivain de Québec qui fut un prolifique auteur, surtout de romans historiques pour les jeunes, autour de 1920. Elle donne ici une origine légendaire aux deux caps majestueux qui surplombent le Saguenay : le cap Trinité et le cap Éternité.
Plusieurs centaines d’années avant la découverte du Canada par Jacques Cartier, ce pays était habité par différentes nations et tribus d’Indiens.
Une de ces tribus s’était établie sur les bords du Saint-Laurent, à un endroit où ce fleuve est d’une immense largeur, aux environs de la place qui s’appelle aujourd’hui Tadoussac. Ces Indiens étaient les Montagnais, nation bonne et pacifique, vivant de pêche et de chasse.
Pour prendre le poisson, ils confectionnaient de solides filets, tressant à cette fin de longues herbes marines que leurs doigts habiles savaient rendre solides et durables.
Les grandes forêts leur fournissaient le gibier qu’ils tuaient avec leurs flèches ou qu’ils prenaient dans les pièges ingénieux de leur propre invention. Leurs wigwams étaient placés ensemble, par groupes, pour se donner une protection mutuelle contre les loups. Ces groupes de Wigwams formaient autant de petits villages, peu éloignés les uns des autres.
Les loups n’étaient pas le seul danger qu’avaient à craindre les Montagnais : ils avaient pour ennemis une nation appelée « les Géants ». Ces hommes étaient des colosses ! Quelques-uns avaient huit pieds de hauteur. Ils avaient des figures sournoises, cruelles, et de longues dents pointues. On devinait qu’ils étaient cannibales... Cette nation était établie une quarantaine de milles plus loin.
Aux moments les plus inattendus, ils remontaient le fleuve en bandes, dans leurs canots d’écorce, atterrissaient à peu de distance des établissements montagnais, fonçaient à l’improviste sur ces paisibles Indiens, en tuaient un grand nombre, et retournaient avec des prisonniers dont on n’avait plus jamais de nouvelles.
À l’époque où se passe cette histoire, il y avait chez les Montagnais une jeune fille appelée Sagnah. C’était une orpheline. Son père avait été fait prisonnier par les terribles Géants, et n’était jamais revenu, et sa mère était morte de chagrin.
Sagnah était une favorite dans sa tribu ; chacun aimait à la choyer et à la gâter. C’était une belle et brave enfant, intelligente, pleine de vivacité, parfois un peu trop espiègle, mais d’une grande bonté de cœur.
Elle aimait à jouer avec les autres enfants de la tribu, et pouvait nager, grimper et danser aussi bien qu’eux tous ; mais son grand charme était sa belle voix. Son chant ravissait les Indiens. Ils s’assemblaient parfois sur la grève autour d’un grand feu, faisaient chanter Sagnah et ses notes pures vibraient, claires et harmonieuses, dans l’air du soir.
Lorsque Sagnah eut seize ans, on la fiança à un jeune chef de sa tribu et le mariage devait avoir lieu quelques jours plus tard... mais, tout à coup, dans la nuit, les Géants arrivèrent et firent un affreux carnage !
Une terrible bataille s’engagea et après bien des pertes de vies de part et d’autre, les Géants se virent forcés de prendre la fuite, mais ils emmenaient avec eux plusieurs prisonniers et parmi ceux-ci, la pauvre petite Sagnah !
Pendant la bataille, la jeune fille s’était blottie au fond d’un Wigwam, un tomahawk dans la main, bien résolue à se défendre, mais deux Géants foncèrent dans la cabane, la désarmèrent, et l’emportèrent comme si elle eût été un petit enfant...
Impuissante à se défendre, Sagnah ne perdit cependant pas courage. Sa principale inquiétude était son fiancé, le jeune chef qu’elle devait épouser dans si peu de jours... Était-il, lui aussi, prisonnier ?
Au premier arrêt, on la mit par terre et on lui lia les bras et les jambes. Les autres prisonniers, solidement ligotés, n’étaient pas très éloignés, et elle pouvait les distinguer parfaitement ; son fiancé n’était pas parmi eux.
« Alors, se dit-elle, il va vouloir venir à mon secours et se fera sûrement tuer. Ah ! Si je pouvais lui envoyer un message ! »
À ce moment, sur un arbre, tout près d’elle, un pic, cramponné à l’écorce, frappait le tronc de son bec noir et agitait un peu les ailes, comme pour attirer l’attention.
- Petit oiseau, lui dit-elle, que ne peux-tu voler vers mon fiancé !
À sa grande surprise, l’oiseau se rapprocha et lui dit :
- Donne-moi ton message !
- Comment ? Tu parles, toi ? s’écria Sagnah.
- Oui. Hâte-toi !
- Vole vers mon fiancé, le jeune chef. Dis-lui de ne pas chercher à me suivre. Ma seule chance de m’évader sera la ruse ! Dis-lui d’être aux aguets et d’attendre... Vole, petit oiseau, vole ! L’oiseau s’envola à tire-d’aile, et Sagnah se sentit un peu plus d’espoir au cœur.
« Cet oiseau doit appartenir à quelque fée ou à quelque sorcier ! » se dit-elle.
Au bout de quelque temps, les ennemis reprirent leur route. Elle fut ramassée comme un paquet, jetée sur l’épaule d’un des gros Géants, et emmenée vers les canots qu’ils allaient reprendre pour retourner dans leur pays. Elle ne résista pas, ferma les yeux, et feignit d’être endormie ou sans connaissance...
Après de longues heures, ils arrivèrent enfin au camp des Géants. Les femmes et les enfants de la tribu les reçurent avec des cris de joie. Armés de branches et de bâtons, ils se ruaient vers les prisonniers pour les frapper.
- Qu’on ne touche pas à celle-ci ! cria la Géant qui avait amené Sagnah.
C’était (elle l’apprit plus tard) un des chefs de la tribu, un des quatre frères qui gouvernaient la nation.
- Amenez-la, continua-t-il, dans un wigwam spécial. Je la réserve pour la grande fête qui aura lieu pour célébrer notre visite chez les Montagnais. Quant aux autres prisonniers, je vous les donnerai bientôt pour les faire cuire et les manger... dans huit ou dix jours au plus.
Sagnah frémit... Ainsi, c’était là le sort affreux qu’avait eu son père ! Et c'était celui qu'on lui réservait ? Non ! Cent fois non ! Il fallait, à tout prix, empêcher cette fin atroce ! Sachant qu’elle avait quelque temps de répit, elle résolut de déjouer par la ruse les plans de ses terribles geôliers.
Épuisée, Sagnah, s’endormit. Après un long et lourd sommeil, elle se réveilla au fond d’un wigwam. Deux vieilles Indiennes étaient là, en gardiennes, auprès d’elle.
- Bonjour ! dit Sagnah, avec son plus charmant sourire.
- Où donc te crois-tu, petite sotte, pour avoir ce sourire sur les lèvres ?
- Je n’en sais rien, mais je crois que c’est peut-être le camp de quelque Géant. Un grand combat a eu lieu entre ma tribu et les Géants, et ces derniers m’ont prise et amenée ici.
- Et que penses-tu qu’ils veulent faire de toi ?
- Je ne sais pas, répondit, Sagnah, toujours souriante, mais j’espère bien qu’on va me donner à manger... j'ai une faim terrible !
- Manger ? Sans doute, tu vas manger, encore manger, et encore et encore manger !
- Pourquoi tant manger ? demanda Sagnah en riant.
- Parce que tu es trop mince, trop maigre ! dit la vieille avec un ricanement.
Au bout de quelque temps, on lui apporta de la nourriture.
- Je vous en prie ! dit-elle, déliez-moi les mains afin que je puisse manger, et les pieds aussi, de grâce ! Je ne chercherai sûrement pas à me sauver entourée, comme je suis, de Géants !
À ce moment, le chef entra et les gardiennes lui demandèrent si elles pouvaient délier la prisonnière, et il consentit en grommelant.
Sagnah, voyant que la nourriture n’était sûrement pas de la chair humaine, prit un bon repas, car elle avait vraiment faim. Puis, elle tressa ses longs cheveux noirs et défroissa sa tunique de cuir. Regardant les Indiennes elle leur dit :
- Suis-je bien ainsi ?
- Bien ? Tu as l’air d’une sotte fille des Montagnais, se préparant à servir de dîner à notre grand chef !
- Non ! dit Sagnah, sans cesser de sourire, je suis sûre qu’il ne voudrait pas me manger, du moins pas tout de suite !
Et, sans paraître du tout inquiète, elle se mit à causer et à rire avec les deux vieilles gardiennes, si bien qu’elles devinrent presque de bonne humeur !
Au bout de quelque temps, elle leur dit :
- Aimez-vous les chansons ? J’en sais de belles que j ’ai apprises chez nous. Et, de sa voix claire et pure, elle se mit à chanter des refrains de son pays.
À ce moment, le chef entra de nouveau mais elle ne parut pas le voir et continua son chant.
La chanson finie, elle se retourna et regarda le Géant.
- Ah ! Tu étais là ? dit-elle, as-tu aimé ma chanson ?
- Comment t’appelles-tu ? dit celui-ci, sans répondre à sa question.
- Sagnah, répondit-elle, et toi ?
- Apprends, jeune fille, s’écria-t-il d’une voix tonnante, que je suis Patitachekao, chef, avec mes trois frères, de la tribu des Géants ! Mon nom, Patitachekao, signifie « Tue et mange », et j’ai l’habitude de faire honneur à mon nom !
- Comme c’est terrible ! Es-tu toujours fâché comme ça ?
- Attention ! Si tu me manques de respect, je te ferai fouetter !
- Oh ! Ne fais pas cela, dit Sagnah, encore souriante, ( mais en réalité tremblante de frayeur), si tu me fais battre, je ne pourrai plus manger... et je vais maigrir !
Personne encore n’avait osé parler de la sorte au chef des Géants, et il se demanda si cette jeune fille ne serait pas une sorcière, déguisée en Montagnaise. Il fit venir ses trois frères, Géants à l’air aussi féroce et cruel que lui-même, et fit causer Sagnah devant eux. Cachant sa terreur, elle sourit bravement à ces méchants chefs et, à leur demande, chanta une de ses plus belles chansons.
Les quatre Géants sortirent du wigwam et tinrent conseil : si cette jeune fille était une sorcière, il fallait la brûler et non pas la manger, et si elle n’était pas une sorcière, pourquoi ne pas la garder et la soigner, et ne la manger que dans quelques mois ?
Sagnah entendit leur conversation et elle résolut de prouver qu’elle n’était pas une sorcière. On la consulta sur différents sujets, on la questionna... Sagnah répondait comme une enfant, et posait elle-même des questions qui semblaient si naïves, que les Géants se dirent : « Elle ne comprend pas suffisamment pour avoir peur, c’est pourquoi elle rit et chante. Ce n’est sûrement pas une sorcière ! »
Les deux vieilles restaient ses gardiennes. Elles lui apportaient sa nourriture, et écoutaient son babil et son chant.
Un jour, le chef Patitachekao entra, encore plus maussade et grondeur que d’habitude. En passant près d’une des vieilles, il lui donna un coup de pied sur la jambe, et la frappa à la figure avec une branche qu’il tenait à la main. Le coup de pied fut si fort que la jambe fut presque cassée, et se tenant le front d’où le sang coulait, la vieille sortit en boitant.
- Chante ! ordonna le chef à Sagnah. Elle commença tout de suite à chanter.
Quand elle eut fini, il lui dit :
- Veux-tu avoir la vie sauve ?
- Oh oui ! dit Sagnah ; vas-tu me laisser retourner dans mon pays ?
- Non ! dit le Géant, mais je puis t’épouser et te faire devenir membre de la tribu.
- Je suis déjà fiançée à un chef de ma propre nation. Si tu es chef toi-même, tu ne voudrais pas me faire manquer à ma parole ?
- Tous les chefs ont été tués à notre dernière attaque, dit-il, ton fiancé a dû être de ce nombre !
Sagnah se doutait bien que ceci n’était pas la vérité, mais elle feignit de croire ce qu’il disait et lui répondit :
- Veux-tu me donner trois jours pour m’habituer à cette pensée de devenir une des vôtres, et chaque jour me laisser faire une promenade en dehors du wigwam ; le troisième jour, si tu m’entends chanter, tu sauras que je suis prête à devenir ta femme !
Le chef y consentit et sortit du wigwam fort satisfait.
L’indienne qui avait reçu le coup de pied revint en boitant à la cabane, paraissant très souffrante. Le bâton du chef lui avait cruellement blessé la tête, et elle avait l’air bien affaiblie. Sagnah lui banda la jambe et lui mit de l’eau fraîche sur la tête, essayant de la soulager ; puis elle s’assit auprès d’elle et se mit à chanter.
Au bout de quelque temps, l’autre indienne sortit du wigwam. Alors la blessée dit à Sagnah :
- Écoute ! Je vais mourir, les coups du chef m’ont tuée ! Je ne verrai pas le jour ! Parce que tu as été compatissante et bonne pour moi, et que tu es si vaillante, si courageuse, je vais te donner deux présents : prends ce morceau de cuir et cette tige creuse. Le carré de cuir te rendra invisible, si tu le places sur la tête, et avec la tige creuse tu peux appeler le bon sorcier de la grande forêt qui a juré d’exercer une terrible vengeance sur toute nation qui mange de la chair humaine ; mais pour les punir, il faut que le bon sorcier les prenne en flagrant délit.
- Où puis-je trouver le bon sorcier ?
- Il viendra à n’importe quel endroit en dehors du camp si tu souffles dans la tige creuse. Ne lui dis rien... Laisse croire que tu vas épouser le chef et partager leur festin... dit la femme d’une voix faible.
Elle se retourna et ne parla plus. Au matin, elle était morte. Ce jour-là, Sagnah partit pour sa première promenade en dehors du wigwam. Après avoir marché un peu, elle mit le morceau de cuir sur la tête et s’aperçut bientôt que personne ne pouvait la voir. Alors elle se mêla aux Géants et ainsi, elle apprit que les prisonnières avaient été tuées et qu’on se préparait à en faire un festin pour célébrer le mariage du chef Patitachekao avec la fille des Montagnais.
Le lendemain, elle sortit de nouveau et, se rendant invisible, elle suivit le chef jusqu'à l’endroit où il se rendait pour conférer avec ses trois frères. Elle découvrit qu’ils avaient décidé de faire une autre attaque sur les villages aussitôt après les noces. Les frères étaient aussi féroces et cruels que Patitachekao ; cependant l’un d’entre eux dit :
- Que ferons-nous si le sorcier de la grande forêt a connaissance de nos festins ?
- Personne ne lui dira, et il ne peut entrer dans le camp sans ce tomahawk magique que j’ai à ma ceinture !
- Qu’en feras-tu pendant la noce ?
- Je ne puis, pour le mariage, le garder sur moi, cela me porterait malheur, mais je vais le cacher sous la peau d’ours qui est dans mon wigwam, de bonne heure demain matin ; je le reprendrai après le festin et jamais le sorcier ne pourra l’avoir ! - C’est bien, dirent-ils, le mariage à midi et le festin ensuite !
Sagnah courut à son wigwam et eut tout juste le temps de redevenir visible, lorsque le chef parut :
- Ta réponse, Sagnah ? dit-il.
- Nous ne sommes qu’au deuxième jour, et tu m’as donné trois jours ! dit Sagnah.
- C’est vrai, répondit le Géant, mais je compte te trouver demain prête et consentante pour le festin de la noce !
Sagnah eut un frisson de terreur, mais sourit bravement et répondit :
- Je crois que tu m’entendras chanter un peu avant midi demain...
Et le Géant partit content.
Le lendemain, au petit jour, Sagnah se rendit invisible et partit vers le wigwam du chef pour voir ce qu’il faisait.
Il n’y était pas, alors elle entra, souleva la peau d’ours, trouva le tomahawk et le cacha sous sa tunique avec la tige creuse. Puis elle se sauva aussi vite que possible jusqu’en dehors du camp des Géants. Là elle redevint visible, le carré de cuir ne lui donnant le don d’invisibilité que dans les limites du camp.
Elle prit la tige creuse et souffla dedans... la tige rendit un son rauque et sifflant... Tout à coup, une ouverture apparut dans les branches... un bruissement de feuilles se fit entendre... et le bon sorcier parut !
Il paraissait vieux comme le monde ; ses cheveux et sa longue barbe étaient d’une blancheur de neige ; sa figure annonçait la force et la volonté ; ses yeux étaient profonds et perçants.
- Qui me réclame ? demanda-t-il.
Sagnah se présenta au bon sorcier et lui raconta sa terrible histoire et son enlèvement à la veille de son mariage ; elle lui décrivit les invasions répétées de Géants dans les domaines des Montagnais, les prisonniers enlevés pour être ensuite tués et mangés, et lui parla du mariage et du festin atroce qui devaient avoir lieu le jour même. Le bon sorcier, courroucé mais triste, répondit :
- Les misérables ! Pour les punir, il faudrait que je puisse les prendre sur le fait et hélas ! je ne puis entrer dans leur camp !
- Tu le peux, dit Sagnah, avec cette arme magique ! Prends-la et, de grâce, agis au plus vite ! Dis-moi, vais-je être obligée d’épouser ce monstre ?
- Quand doit avoir lieu le festin ? demanda-t-il.
- La noce doit se faire à midi et le festin ensuite !
- Lorsque tu donneras ta réponse, tantôt, tu diras : « Le festin se fera, la noce suivra. » Il ne faut pas te laisser persuader autrement et, sois sans crainte, je te sauverai... et je punirai les coupables ! ajouta-t-il avec colère.
Sagnah s’enfuit vers le camp ; se rendant invisible, elle ne craignait pas d’être poursuivie. Elle atteignit son wigwam, se rendit de nouveau visible et se prépara pour la noce.
Lorsqu’elle fut prête, elle se mit près de l’entrée et, pensant à son lointain fiancé, elle se mit à chanter un beau refrain d’amour. Patitachekao arriva avec ses trois frères, anxieux de connaître sa réponse :
- Sagnah, que dis-tu ce matin ?
- Le festin se fera, la noce suivra, dit Sagnah.
- Non, la noce se fera d’abord ! dit le chef.
- Pourquoi ne pas commencer par le festin ? dit Sagnah en souriant. Nous serions ensuite si joyeux et si bien disposés, et de bonne humeur pour la noce !
Ils consentirent tous les quatre et à midi on vint chercher Sagnah ; tout était prêt... Les Géants étaient assemblés en dehors, pour le festin. De grandes chaudières d’eau bouillante avaient été préparées pour recevoir les morceaux de jambes et de bras des malheureux prisonniers. Les futurs mariés furent placés aux sièges d’honneur et les trois frères étaient auprès d’eux.
Lorsque l’horrible cuisson fut terminée et que l’on commença à servir les mets, Sagnah eut un frisson de peur : « Si le sorcier ne venait pas ?... Qu’arriverait-il ? » Tout à coup, une clameur épouvantable retentit, la terre trembla et, au milieu de la stupeur générale, le sorcier apparut ! Dans chacune de ses mains il tenait une énorme masse de pierre. D’une voix semblable au roulement du tonnerre, il leur jeta ces terribles paroles :
- Misérables mangeurs de chair humaine ! Bien souvent je vous ai avertis ! Vous alliez encore faire un de vos horribles festins ! Écoutez-moi ! Mon pouvoir vous empêche de bouger, mais vous pouvez m’entendre... Jamais plus vous ne commettrez ce crime atroce ! Ma malédiction va vous atteindre et ce sera pour toujours ! Votre tribu va être anéantie, vos wigwams détruits, la terre même où vous avez vécu va disparaître !
Les Géants semblaient pétrifiés... tremblants de rage, ils étaient incapables de bouger et de crier.
- Sagnah, continua le sorcier, hâte-toi de fuir ce camp maudit ! Cours, fuis ! En dehors de ces limites de malheur, tu trouveras du secours !
Sagnah, s’enfuit, sans oser se retourner, et, en peu de temps, elle parvint à sortir du camp. Là, à sa grande joie, elle trouva son fiancé avec une troupe de guerriers. Il avait reçu, par un pic enchanté, un message du bon sorcier, après en avoir reçu un de Sagnah, de la même manière, quelque temps auparavant. La nuit suivante, une grande tempête se déchaîna et un terrible tremblement de terre ébranla cette partie du pays.
Dans les villages des Montagnais, aucun dommage ne fut causé par la tempête, mais une quarantaine de milles plus loin, de grands changements avaient eu lieu. Le sorcier avait poursuivi de sa malédiction la perfide et cruelle nation des Géants. Là où Patitachekao avait vécu se dressait un rocher géant, là où était le wigwam de ses trois frères se dressait un autre rocher géant, à triple sommet et, au pied de ces rochers gigantesques, roulaient les masses fougueuses d’une rivière en colère, dont les flots semblaient recouvrir un abîme sans fond...
La tribu des Géants, leurs wigwams, leurs villages n’existaient plus... tout avait disparu sous la malédiction du sorcier de la grande forêt.
Environ un an plus tard, Sagnah et son mari se rendirent un jour dans cette partie du pays pour voir les transformations qu’avait opérées le tremblement de terre. Ils remontèrent en canot la nouvelle rivière et, comme ils passaient près du premier gros rocher se dressant comme un colosse en sentinelle dans la rivière l’Indien dit :
- Regarde, Sagnah !
Et le rocher répéta :
- Regarde, Sagnah !
- Le chef des Géants ! murmura Sagnah à mi-voix.
Puis, lorsqu’ils virent l’autre rocher avec le triple sommet, Sagnah dit :
- Les trois frères !
Et le rocher répéta :
- Les trois frères !...
Leur canot glissait rapidement sur les eaux sombres de la rivière inconnue, et ils revinrent en sûreté dans leur village.
- Il faudra appeler cette rivière « Sagnah », en souvenir de ta terrible aventure, dit le jeune chef.
Ils vécurent heureux pendant bien des années. Leurs enfants apprirent l’histoire du rapt de leur mère par le chef d’une tribu maudite, et ils appelaient toujours la rivière qui provenait de cette époque, la rivière « Sagnah », comme leur père le leur avait appris.
Plus tard, les colons français et les chasseurs appelaient cette rivière Sagnah ou Sagnay et, finalement, elle devint Saguenay, comme nous la nommons aujourd’hui. Mais, aucun de ces voyageurs ne savait que les deux énormes rochers, s’élevant à une hauteur de deux mille pieds au-dessus de la masse des eaux, étaient les chefs de la cruelle nation cannibale que le sorcier avait transformés en Géants de pierre.
Même de nos jours, ils demeurent immuables et gardent à jamais les flots sombres du Saguenay, mais nous leur avons donné d’autres noms : nous les appelons le « cap Éternité » et le « cap Trinité ».
LA LEGENDE DU SCARABE EN EGYPTE
Dans l'egypte ancienne, le scarabé etait considéré comme un dieu, le dieu de l'amour, de la vie et de la creation ( a ne pas confondre avec Amon-Ra; Ré ou Amon) La boule qui roulait au centre de la terre voulait signifier la resurection, de ce qui est enfoui et rejaillit a la lumiere.
Mais on disait aussi..par extention: l'etre se nourri ..et ses excréments retournent vers la terre et la fertilisent. Les scarabés qui la promènent prouvent la fertilité du sol, et un homme qui offre un terre fertile est une grande preuve d'amour.
Aussi compliqué que cela puisse paraitre, le scarabé est donc considéré, comme un dieu de l'amour, de la puissance, car un homme de bonne terre est un homme de bonne famille.
Dans les ruines du temple du pharaon maudit, Thoutankamon, on aurait trouvé un etang protégé, par deux scarabés. Se demandant ce que cela pouvait signifier, plusieurs archéologue, en ont conclus que l'eau du dit etang, devait servir a fertiliser les jardins royaux et les scarabés "protegent" la reserve des voleurs..le jardin royal se trouvait en plein desert
Le scarabés est une creature dont l'historique peut mener loin de part ses legendes et recits. Ils est bon de s'y interresser. Si une personnes t'offre un bijou monté ou reprensantant un scarabé, c'est qu'elle t'aime et désire te proteger..que ce soit membre de ta famille ou ami, car amour signifie aussi amitié...
signé kissy
The Dream Fairy
The dream fairy comes at night, While you're fast asleep, She glows, just like a silver light, And let's the moonlight peep. Her hair is long and shines like gold, Her skin as smooth as milk, Her smile is warm and nothing cold, Her wings are made of silk. And then, she takes her fairy wand, And waves it all about, So that, you dream of what you want, And wish to not get out. Of lands that lie so far from you, Of things you've never seen, And you can go inside there too, And dream and dream and dream. And when you feel so very glad, The dream fairy flies away, And now, all that I'd like to add, Is that: I wish I had made her stay.
By Maryana Hamilton, age 14, maryana@1webspace.net

La mare aux fées
Je me souviens bien de cette mare. J'y allais souvent étant enfant, avec mes parents et grands-parents. Et je me disais qu'il devait y avoir des fées près de cette mare pour qu'elle ait été ainsi appelée.
Pourtant, je n'en voyais jamais aucune.
J'ai souvent demandé pourquoi, mais à chaque fois j'obtenais la même réponse :
"Ce n'est qu'un nom", me disait-on, "Ce n'est qu'un nom" !
Mais pour moi, un nom comme ça n'avait pas pu être choisi au hasard ! Il devait forcément signifier quelque chose. Or, que pouvait-il signifier sinon que des fées y vivaient ?
Je me suis donc décidée un jour à éclaircir seule cette énigme.
Je sortis de chez moi un soir tard, et me dirigeais vers la mare.
J'avais auparavant noté le chemin qui y menait, la dernière fois qu'on avait été s'y promener.
Je retrouvais facilement, et heureusement, ce n'était pas très loin de chez moi… J'y arrivais donc un peu avant minuit.
Je m'accroupis derrière les hautes herbes et les arbres bordant la mare, ne souhaitant pas être venue pour rien et ne voulant surtout pas effrayer les fées. Je m'en serais voulue qu'elles restent cachées à cause de ma venue !
C'est alors que je vis s'élever dans les airs des centaines de petites lumières !
J'étais émerveillée ! Et aussitôt me suis levée pour aller danser au milieu de toutes ces fées !
Je dansais ainsi toute la nuit au milieu d'elles.
Mais alors que le jour allait se lever, je remarquais que les petites lueurs commençaient à tomber. L'une après l'autre, elles s'éteignaient.
Mes petites fées étaient toutes en train de mourir !
Je ne savais que faire et je courais d'une lueur à l'autre, jusqu'au moment ou la dernière eut disparut dans mes petites mains tremblantes.
Alors que je rentrais lentement chez moi, je réfléchissais à ce qui avait bien pu se passer pour que la nuit qui avait si bien commencé se termine dans une telle horreur.
Et je ne trouvais qu'une seule réponse possible.
C'est moi qui avais fait mourir ces pauvres fées ! C'était moi, ou ma qualité d'humaine, peu importe, mais c'était à cause de ma présence que les fées étaient mortes ! J'avais du apporter avec moi sans le savoir une maladie quelconque… une maladie humaine… et les fées avaient été contaminées.
Voilà pourquoi habituellement les fées se cachaient. Elles nous évitaient, elles évitaient les humains car nous ne pouvions rien leur apporter de bien. Nous n'étions que synonymes de mort pour elles.
J'arrivais en pleurant chez moi, et mes parents furent bien étonnés de me voir dehors alors qu'ils me croyaient encore couchée. Ils me grondèrent lorsqu'ils apprirent que j'étais partie toute la nuit. Mais bientôt, voyant ma détresse, ils arrêtèrent et me dirent gentiment d'aller me coucher, que je devais en avoir besoin.
Effectivement, j'étais épuisée et je m'endormis aussitôt.
Mais le lendemain, il a tout de même fallut m'expliquer. Ce que je fis sans me faire prier. J'expliquais que j'avais vu les fées, et que ce n'était pas vrai qu'elles n'existaient pas.
Ils se sont alors mis à rire, et à leur tour ils m'expliquèrent que ce que j'avais vu n'étaient que des lucioles. Et que les lucioles ne vivaient qu'une nuit, qu'il était donc tout à fait normal qu'elles soient toutes mortes, et que ce n'était absolument pas de ma faute !
Je rougis et je retournais toute penaude dans ma chambre, me promettant de cesser à partir de ce jour d'être aussi naïve.
Et puis aujourd'hui, c'est à mon tour d'emmener mes enfants contempler la mare aux fées. Je suis heureuse et eux aussi, ils jouent à se poursuivre autour de la mare ou à regarder bouche bée les têtards.
Je ris avec eux, et alors que la fin de la journée approche et qu'il va nous falloir rentrer, j'entends ma fille me demander :
"Dis maman, pourquoi ça s'appelle la mare aux fées ? C'est parce qu'il y a des fées qui habitent ici, hein ?"
Alors brusquement, tout me revint en mémoire, et je me revis telle que j'étais petite fille
dans le regard interrogateur de ma fille.
C'est à ce moment là que je compris que j'avais eu raison étant enfant. Ce sont bien les humains qui tuent les fées. Seulement pas de la façon que je le croyais… mais tout simplement en les expliquant et en les oubliant.
Alors je fis mon plus beau sourire à ma fille et lui répondis :
"Oui tout à fait ma chérie ! Elles nous restent invisibles en journée, mais la nuit elles se mettent à briller !
La prochaine fois, nous viendrons le soir pour pouvoir les voir !"
Envoyé par Christelle Falcoz - chris@petite-souris.net - revu et édité par syli
************************** fairy tales *****************************

Dim vales - and shadowy floods - And cloudy-looking woods, Whose forms we can't discover For the tears that drip all over. Huge moons there wax and wane - Again - again - again - Every moment of the night - Forever changing places -
And they put out the star-light With the breath from their pale faces. About twelve by the moon-dial One more filmy than the rest ( A kind of which, upon trial, They have found to be the best) Comes down - still down - and - and down

With its centre on the crown Of a mountain's eminence, While its wide circumference In easy drapery falls Over hamlets, over halls, Wherever they may be - O'er the strange woods - o'er the sea - Over spirits on the wing - Over every drowsy thing -
And buries them up quite In a labyrinth of light - And then, how deep! - O, deep! Is the passion of their sleep. In the morning they arise, And their moony covering Is soaring in the skies, With the tempests as they toss, Like - almost any thing - Or a yellow Albatross.
They use that moon no more For the same end as before - Videlicet a tent - Which I think extravagant: Its atomies, however, Into a shower dissever, Of which those butterflies, Of Earth, who seek the skies, And so come down again (Never-contented things!) Have brought a specimen Upon their quivering wings
Edgar Allan Poe
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By Whitemoon Firefly, firefly Lighting the way in then darkest of forrest at the end of the day
Clues, to the imagination of fairy tales and magic once we knew
Fairys with firefly lanterns quick at work

Bring magic through, to a place in our heart once buried deep, deep in the magical part
of the inner child
who knew
that where you find fireflies
Fairies once grew

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